Nutrition acidifiante et alcalinisante

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alimentation acide

La santé repose sur des équilibres complexes, parfois remplis de paradoxes étonnants.  

Notre métabolisme énergétique nécessite la production permanente de substances acides. Les systèmes permettent, ensuite, de les neutraliser ou de les éliminer.  

Trop d’acidité va :  

  • altérer le fonctionnement de nos enzymes,  
  • réduire l’élasticité et les qualités mécaniques de nos tissus,  
  • piller nos minéraux, 
  • affaiblir notre système nerveux, 
  • altère les qualités mécaniques de nos tissus tendineux, articulaire, musculaires, osseux…  

Les processus de protection de notre stabilité biochimique sont étroitement dépendants de notre alimentation quotidienne, jusque dans les plus menus détails.  

Une fois ces réalités reconnues, acceptées et prises en compte, il faut passer à une compréhension pratique, pour une mise en place concrète dans notre modèle alimentaire. 

Première priorité : l’hydratation 

Tous nos tissus ont besoin d’eau, de beaucoup d’eau ! La majeure partie est située dans nos cellules. Elle circule sans trêve, ni repos, transportant nutriments et rejets, provenant de l’incessante activité de ces cellules. L’eau est, et reste, le premier constituant de tout ce système. Toutes les activités enzymatiques se déroulent dans l’eau. Tout est évalué selon elle : l’acidité, en particulier, se définit par une concentration plus ou moins forte d’ions H+ dans les liquides intra et extracellulaires.  

L’équilibre acido-basique se fait en fonction, aussi bien des apports en composés acides ou alcalins, que des apports en eau : (+ d’eau) = (- d’acidité). 

S’hydrater, c’est bien une première étape pour contribuer à cet équilibre acido-basique. Il faut boire souvent de petites quantités d’eau, plutôt que de grandes quantités de temps à autre. L’important, c’est de boire plusieurs litres par jour : 2l, au minimum, pour un adulte de moins de 60kg. Il ne faut pas hésiter à dépasser un peu ces recommandations.  

L’apport en végétaux, également, va participer activement à cet apport d’eau. Ceux-ci recèlent, en plus, d’éléments particulièrement précieux pour réguler le niveau d’acidité des liquides biologiques. 

Deuxième priorité, l’apport majoritaire d’aliments alcalinisants 

Intuitivement, on tendrait à penser qu’il faut d’abord réduire l’apport d’aliments acidifiants. En réalité, le défaut le plus courant dans les déséquilibres alimentaires, c’est le manque de légumes et de fruits.  

Les végétaux riches en eau et en potassium 

En effets, ces végétaux sont non seulement riches en eau, mais aussi très riches en éléments alcalins, comme le potassium. Ce minéral est très souvent insuffisant dans les modèles alimentaires modernes, trop riches en produits transformés et en viandes, donc en sel. On ne dit pas assez à quel point l’équilibre repose sur une alimentation très majoritairement végétale, non transformée.  

Il faut manger :  

  • des légumes : au moins 3 portions par jour, pas trop cuits, et 1 crudité 
  • des fruits : 3 à 5 portions par jour, en mettant la priorité sur les fruits locaux et de saison, plus riches en nutriments.  

Exit les clichés de réductionnisme nutritionnel prétendant qu’il faut manger des bananes pour apporter du potassium. Tous les légumes et fruits en contiennent beaucoup. 

Saveur acide ne veut pas dire aliment acidifiant 

Les fruits et légumes peuvent être, souvent, acides en saveur. Cela ne signifie en aucun cas qu’ils seront acidifiants. Cette saveur est dans l’extrême majorité des cas apportée par des acides organiques faibles, qui se comporteront donc comme des alcalinisants en conditions physiologiques.  

Le mieux est de rester très logique. Si le jus de citron, l’orange ou les clémentines vous donnent des aigreurs d’estomac, c’est un signe à bien interpréter : vous êtes très acidifiés. Il faudra donc, sans attendre, changer vos habitudes alimentaires. À terme, vous retrouverez une capacité normale à les supporter. Une solution intéressante peut aider à accélérer le processus : les jus de légumes, tout simplement. Pourquoi pas les jus de fruits ? Tout simplement, parce que, dans un jus de fruit, l’on concentre le sucre tout en réduisant la présence de fibres. Ceci contribue à un déséquilibre métabolique indésirable et autrement acidifiant. 

Troisième priorité, la réduction de la consommation d’aliments acidifiants 

Combiner les protéines animales avec de généreuses quantités de légumes frais.  

Les aliments les plus acidifiants sont, par définition, riches en protéines et pauvres en minéraux. On y reconnaît facilement les produits animaux. Les viandes, poissons, œufs et laitages présentent des intérêts nutritionnels dont il faut savoir faire bon usage. Cependant, tout abus va représenter un excès de protéines qui est un grand contributeur à l’acidification de nos systèmes. Combiner au cours d’un même repas viande, produits laitiers et charcuterie n’est pas souhaitable en temps normal. Si c’est le cas, il faut des portions réduites, toujours accompagnées de généreuses quantités de légumes frais.  

Ajuster l’apport protéique selon le poids et l’activité physique 

Il faut penser à ajuster l’apport protéique en fonction du poids et l’activité physique de chacun. (cf. article sur les protéines). Il est bon de choisir, au moins une partie de ces apports, parmi les sources végétales : oléagineux, légumineuses et céréales complètes. Cet apport en protéines végétales est bon le soir, en particulier, afin de ne pas trop solliciter les systèmes de neutralisation et d’élimination de l’acidité. C’est ainsi qu’on évitera, pour le diner, les repas riches en produits animaux. On choisira plutôt une bonne soupe, une salade ou une assiette de légumes avec une petite portion de légumineuses, bien assaisonnées d’huiles riches en oméga 3

Le sel ajouté doit être consommé avec prudence,  

Non content de perturber la répartition des liquides intra et extra cellulaires, le sel est un grand contributeur des déséquilibres acido-basiques. Pour donner de la saveur à notre alimentation, car c’est une nécessité vitale, il faut recourir sans hésiter aux épices et herbes aromatiques. Il faut aussi comprendre que notre appétence pour les aliments gras est physiologique, parce que ce gras est le meilleur vecteur du goût. Alors mangeons gras, mais mangeons du bon gras : huiles végétales, oléagineux, poissons, œufs… Il nous sera d’autant plus facile de consommer moins de sel. 

Supprimer les aliments industriels ultratransformés, les cuissons trop fortes et l’alcool 

On évitera de consommer les aliments ultratransformés, riches en additifs de toutes sortes, appauvris en fibres et minéraux et souvent trop riches en sel.  

Les cuissons excessives vont aussi dans ce sens, demandant un surcroit de travail, en particulier à l’estomac.  

Et en dernier lieu, l’alcool est un acidifiant dont il faut se méfier. En effet, chaque molécule d’éthanol va générer une molécule d’acide acétique, le « principe actif » du vinaigre de vin.  

Gardez vos distances avec les boissons acidifiantes ! 

Nous avons déjà insisté, à plusieurs reprises, à une certaine parcimonie dans la consommation de jus de fruits, car ils représentent un apport de sucre, trop vite absorbé, contrairement à celui des fruits entiers.  

Toute boisson riche en sucre va contribuer à augmenter l’acidité. Les pires sont les fameux sodas. Certains présentent même une acidité plus forte que celle du vinaigre, à tel point qu’on leur reproche un véritable pillage des réserves minérales. Le fait de les édulcorer n’arrange pas les choses, bien sûr.  

De la même façon que tous les aliments à classer dans la « junk food », il faut les éviter. 

Pour conclure, pensez à prendre du recul sur votre alimentation 

Il faut le faire, régulièrement. Choisir un modèle alimentaire, suivant les conseils que nous venons de lire, ne se limite pas à un effet alcalinisant. C’est très important de le noter. On ne parle pas ici d’un régime à suivre quelque temps avant de reprendre les « habitudes d’avant ». C’est une véritable façon de penser son alimentation qui amène plus de vitamines, minéraux, antioxydants et qui participe activement à la lutte contre nombre de pathologies modernes. Cela peut être, et doit être inclus, dans un modèle de type méditerranéen qui sera donc à la fois alcalinisant, mais aussi anti-inflammatoire, neuro et cardio-protecteur et anti-diabétique…  

Se soigner à table, c’est utile ! 

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